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Poitiers

Presse passée

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PPoitiers: Presse passée

La presse du passé de la commune de Poitiers est bonne source pour connaître Poitiers.

Ces coupures de presse voient faits-divers, larçins, crimes et violences ou simples cuites verbalisées d'une bonne nuit au violon avec nom, prénom et adresse en clair dans la presse.

À l'époque, les menus larçins pour notre époque voient enquête, et il nous est arrivé de découvrir que le commissaire fait une enquête pour un simple morceau de lard !

Crimes odieux et violences sont aussi légions. La violence était déja forte en ces temps reculés.

Poitiers

poitiers


tFrançais Poitiers
tPopulation 89 300 hab
tGentilé pictaviens
tSuperficie 42,11 km²
tDensité2120.64 hab/km²
tLatitude 46°35'60" N
tLongitude 0°20'60" E
tLatitude46.583302
tLongitude0.333333


Rue Bric et Brac

Presse passée

T

Les nouvelles de Poitiers

<Poitiers  La blanchisseuse et le caleçon révélateur

Poitiers, 27 juin - Le 12 janvier 1877 mourait à Poitiers, un M. Masseloup ; ses enfants donnaient son linge à blanchir à la femme Rosalie Régent et repartaient pour la campagne d'où ils ne revinrent que trois mois après. Lorsque la blanchisseuse leur rapporta ce linge, elle leur remit en même temps 500 francs, en dix billets de 50 francs, et elle leur déclara que cette somme avait été trouvée dans la ceinture du caleçon de leur père par une de ses laveuses, la veuve Fraudeau. Les héritiers, qui s'étaient aperçus, d'après les livres de leur père, que celui-ci devait avoir en sa possession une somme de 4 à 5,000 francs qui ne fut pas retrouvée, demandèrent si on n'avait pas découvert autre chose. Ils se firent représenter le caleçon, et constatèrent qu'au côté opposé à celui dont avaient été retirés les 500 francs existait une autre pochette vide.
Pendant ce temps, les voisins de la famille Fraudeau constataient avec étonnement le changement de vie qui s'était opéré depuis quelque temps chez elle. Les enfants étaient mieux vêtues, on faisait des acquisitions, on payait des dettes.
On apprit que la belle-fille de la veuve Fraudeau avait changé un billet de 1,000 francs; que son mari, Jean, en avait changé un autre, deux mois plus tard, à l'Epicerie parisienne ; l'autre fils, Henri, s'était monté un petit commerce de brosserie.
Bref, M. Masseloup fils, docteur-médecin à Sauzé-Vaussais (Deux-Sèvres), portait plainte le 4 mai 1877, au parquet de Poitiers, et après une instruction minutieuse, les prévenus faisaient les aveux les plus complets.
La veuve Fraudeau, après des dénégations infructueuses, confessa qu'ayant senti, en lavant le caleçon, une grosseur dans la couture, elle avait emprunté pour le découdre le couteau d'une de ses voisines et en avait extrait un petit bourrelet enveloppé dans du papier jaune tout mouillé cette enveloppe contenait les dix billets de banque de 50 francs, qu'elle s'empressa de remettre à la maîtresse du lavoir. Elle dit qu'alors elle fut absolument conspuée par les autres femmes, qui se moquèrent d'elle, en lui demandant si elle était, folle ou si elle était trop riche pour refuser ainsi une fortune qui lui tombait des nues. Tant et si bien qu'avant senti, en poursuivant son lavage, un autre point résistant, elle avait retiré, cette fois sans rien dire, un autre petit paquet d'une cachette non cousue, et le soir, en rentrant chez elle, elle avait, reconnu que c'étaient quatre billets de 1,000 francs. Elle avait eu le tort de se les approprier, et ses enfants, autant pour ne pas la dénoncer que par une faiblesse répréhensible, avaient profité plus ou moins directement de sa trouvaille.
Diverses dettes payées, il restait 2,300 francs que la femme Fraudeau confia à la mère de sa bru quand celle-ci était venue pour assister aux couches récentes de cette jeune femme; et qu'elle avait emportés à Couhé. C'est là que Jean Fraudean alla aussitôt les chercher, et les apporta au greffe à titre de restitution.
À la suite de ces faits, comparaissaient le 27 mai dernier devant le tribunal correctionnel de Poitiers, sous la prévention de vol et de complicité :
1° Rose Baloge, veuve Fraudeau ; 2° Jean Fraudeau ; 3° Henri Fraudeau ; 4° Marie Pasquier, femme de Jean Fraudeau.
Le tribunal avait trouvé dans la restitution des 500 francs une preuve d'hypocrisie de la part de la veuve Fraudeau, qu'il accusait ainsi d'avoir voulu mieux cacher sous une apparence d'honnêteté sa mauvaise action, et la condamna à un an de prison, chacun des co-prévenus fut condamné à un mois de la même peine.
C'est de cette condamnation que tous les intimés ont interjeté appel. Après délibéré, la cour maintient quant à la peine, en ce qui concerne la veuve Fraudeau et ses deux fils, la décision des premiers juges, mais retranche du jugement l'accusation de calcul hypocrite, reproché a la mère, qui n'est ni vraisemblable, ni établi, et réduit pour la Jeune femme l'emprisonnement d'un mois à six jours.

LA LANTERNE - 29 juin 1877

pPresse passée

La presse du passé est passionnante !

Regorgeant d'anecdotes ou de faits-divers, parfois croustillante, souvent sordide, parfois amusante, elle nous permet de ressentir la manière de pensée de nos aïeux, de ceux qui ont vécu en cette commune, en ce territoire, de ceux qui l'ont fait vivre et que nous visitons.

La presse passée redonne vie aux simples citoyens, à ces gens qui n'auront jamais nom en livres d'histoire.

Il est plaisant d'y voir l'évolution des importances: en 1900, le commissaire fait une enquête pour un vol de jambon.

La violence est importante: violences ménagères ou non sont courantes, violences villageoises, banditisme ou non aussi ; les comptes se règlent à coups de poings, de bâtons ou autres armes.

Les cuites sont monnaie courante et pas exclusives de certaines régions: nombre de nos aïeux - ayant sans doute très soif, picolent sec !

Un prix spécial devrait être décerné à certains journalistes de cette presse ancienne: les coupures concernant les cuites et amendes en découlant sont parfois d'un humour extraordinaire.

Nous ne pouvons que vous conseiller de lire et acheter la Presse: vous la ferez vivre et imprimerez l'Histoire !